samedi 22 octobre 2016

Au fil de l'eau (BD)

Couverture Au fil de l'eau
Au fil de l'eau,
de Juan Diaz Canales
Éditions Rue de Sèvres
108 pages

4ème de couverture:
Dans l'Espagne contemporaine marquée par la crise, Niceto et ses compagnons retraités arrondissent leurs fins de mois en commettant divers petits délits.
Leur quotidien prend une tournure réellement inquiétante lorsque les amis de Niceto meurent les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes...
Quand ce dernier disparaît à son tour, c'est une véritable course contre la montre qui démarre pour son fils et son petit-fils.
Mais qui peut bien en vouloir à cette bande de vieillards ?
Et si Niceto en savait plus qu'on ne le croit ?

Mon avis:
La couverture/les dessins:
J'aime beaucoup la couverture. Elle dégage quelque-chose.
Par contre, les dessins sont... particuliers. Les personnages, travaillés, ont cependant un aspect minimaliste dans un sens, comme des croquis.
De plus, la présence importante de traits/trames pour les ombrages perdent le regard et encombrent les planches. Le problème ne vient peut-être que de moi (il faut dire que je n'ai jamais tellement aimé les BD en noir et blanc) mais au  bout d'un certain temps à lire j'avais un peu mal aux yeux à cause de ça.
Par contre les paysages sont magnifiques et j'apprécie les pages épaisses qui ont été choisies.

La BD:
Le ton est donné dès la première planche. Et effectivement, il y a une certaine ambiance, une certaine tension, quelque peu oppressante, qui nous fait nous sentir un peu mal. Le découpage des cases et ce choix qui a été fait de ne faire découvrir un élément bien précis que lorsque l'on tournera la page installe un malaise, ma foi, plutôt maîtrisé.

Cette ambiance est guidée tout du long par les sentiments de Niceto, un homme qui ne sait que trop bien à quel point il est vieux et va bientôt mourir. Il nous donne sa vision de la vie, nous parle de l'histoire de la vie, de prise de conscience de notre existence, le tout en nous baladant au milieu de la police, de cette enquête sur les meurtres des vieillards trafiquants.
C'est une affaire louche, plus sérieuse qu'il n'y paraissait au départ. La base même de cette affaire a un aspect très... étrange. Les vieux voleurs, ça semble loufoque, marrant, mais pourquoi font-ils ça ? Et suite à ces différents meurtres, on est en droit de se demander dans quoi ils se sont engagés et s'il n'y aurait pas quelque-chose de plus derrière tout ça...

J'ai bien aimé les personnages, même s'ils ne sont pas tous très détaillés. J'ai particulièrement apprécié le trio Niceto, son fils Román et son petit-fils Álvaro.

Il y a cependant deux ou trois choses qui m'ont moins plu.
Étant donné qu'elles rentrent dans la catégorie des spoilers, je vous encourage à sauter le paragraphe qui va suivre si vous ne souhaitez pas être au courant.
Tout d'abord, je trouve ça dommage que l'on ne parle pas un peu plus de l'orientation politique des vieux et de leurs passés. Ils sont abordés au début comme un élément presque majeur pour finalement disparaître tout à fait, ce qui est dommage.
J'aurais également aimé plus de liens entre le commerce des vieux et les meurtres. Le dénouement me plaît, mais j'aurais aimé que leur trafique rentre un peu plus en compte dans l'histoire.
Pour finir, je comprends les motivations de Niceto, mais... je trouve qu'il va tout de même un peu loin... ce qui a pour moi un peu décrédibilisé ses actions. Quelques mots de plus sur le fait que les autres vieux comptaient dévoiler leur secret auraient été la bienvenue.

Mon avis final:
L'auteur, dont j'avais déjà pu découvrir l'inventivité avec les BD Blacksad dont il est le scénariste, signe ici sa première BD solo, dévoilant au monde son coup de crayon. Les dessins ne m'ont pas tout à fait satisfaite mais c'est sans grande surprise que j'ai aimé son histoire et l'ambiance qu'il faisait planer.

Livre reçu et lu en partenariat avec les Éditions Rue De Sèvres, merci à eux !
(Mon avis est 100% sincère)

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